Classée monument historique en 1840, l’abbaye est également inscrite dans le « Grand itinéraire culturel européen » comme un des sites clunisiens emblématiques, label décerné par le Conseil de l’Europe à la Fédération des sites clunisiens dont fait partie la commune de Mozac. Dans le Guide vert Michelin consacré à l’Auvergne, elle détient deux étoiles pour ses chapiteaux et le trésor constitué de la châsse de Saint-Calmin.
Chronologie :
L’abbaye aurait été fondée au VIe ou VIIe siècle par Calmin, duc d’Aquitaine et comte d’Auvergne. Il aurait également bâti les monastères de Laguenne (en Corrèze) et du Monastier-Saint-Chaffre (Haute-Loire). Son épouse qui l’accompagnait dans son parcours aurait quant à elle fondé le couvent voisin des moniales de Marsat qui sera rattaché aux bénédictins de Mozac.
- En 764, le roi Pépin le Bref, ou 848 s’il s’agit de Pépin II d’Aquitaine, transfère de Volvic à l’abbaye de Mozac les reliques de Saint-Austremoine, premier évêque d’Auvergne. Dès lors, l’abbaye, placée sous la protection royale, connaît un essor considérable et nécessite la construction dès les XIe et XIIe siècles d’une grande église. Les chartes royales et les bulles papales se succèdent afin de doter l’abbaye d’un réseau d’une quarantaine de dépendances en Basse-Auvergne et dans le Bourbonnais. Parmi les prieurés les plus importants, on peut citer : Marsat, Royat, Saint-Germain-des-Fossés et Volvic. À proximité de Mozac, les curés de nombreuses paroisses sont à la nomination de l’abbé de Mozac : Ménétrol, Marsat, Saint-Genest-l’Enfant, Saint-Jean-d’en-Haut d’Enval, les trois églises de Volvic, Saint-Bonnet-Lachamp (Saint-Bonnet-près-Riom), Saint-Coust-Châtel-Guyon. L’abbaye de Mozac est surtout un gros propriétaire foncier et perçoit des revenus des dîmes, cens et autres loyers de ses fermiers.
- En 1095, constatant une certaine décadence des mœurs des religieux, l’évêque Durand et le pape Urbain II placent Mozac sous la mouvance de l’abbaye de Cluny (il s’agira du plus puissant ordre de l’Occident chrétien), avec l’honneur du premier rang parmi ses dépendances. Mozac restera clunisienne jusqu’à la Révolution et pourra garder son titre d’« abbaye ».
- On édifie au XIIe siècle une abbatiale romane dont les dimensions sont égales à celles d’Issoire. Elle fait partie des églises majeures de grande Limagne, au plan basilical, comme Notre-Dame-du-Port à Clermont, Issoire, Saint-Nectaire, Saint-Saturnin, Ennezat… Du haut de leurs piliers, 47 chapiteaux témoignent encore de la période romane, qui marque son apogée architecturale.
- Seule la nef centrale et le bas-côté nord (façade visible depuis la rue) sont d’époque romane, où le calcaire de Chaptuzat est majoritaire employé. Le reste de l’église (chœur, transept, bas-côté sud) ainsi que le cloître et les bâtiments conventuels ont été détruits par une série de tremblements de terre dans la région riomoise probablement en 1452, et de manière certaine en 1477 et 1490. L’abbé Raymond de Marcenat fait restaurer l’église en style gothique et utilise massivement la pierre de Volvic. Les pierres romanes écroulées sont réemployées dans ces nouveaux murs. C’est pour cela que le Club historique mozacois a découvert 32 chapiteaux romans depuis 1980 qui sont exposés dans un musée lapidaire.
- À la Révolution, l’abbaye n’accueille plus que sept moines qui doivent repartir dans leur famille. L’évêque récupère l’église et le presbytère pour le culte populaire. L’antique abbaye des bénédictins est sauvée et s’appelle désormais « paroisse Saint-Austremoine ».






